Passer de micro-entreprise à société : commerçant devant sa boutique
Création d'entreprise · 2026

Passer de micro-entreprise à société : le bon moment, la bonne forme et les étapes

Par Fallet Kamagate, expert-comptable·Mis à jour le 29 octobre 2026·Lecture : 9 min·Micro-entreprise · EURL · SASU

Passer de micro-entreprise à société devient pertinent lorsque votre chiffre d'affaires approche les plafonds (83 600 € en services, 203 100 € en vente), que vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire, ou que vous voulez protéger votre patrimoine et rassurer vos clients. Le passage se fait en créant une EURL ou une SASU, puis en cessant la micro-entreprise et en transférant l'activité. Voici quand franchir le pas, comment choisir et quelles étapes respecter.

L'essentiel en bref :
  • Le régime micro est perdu après 2 années consécutives au-dessus de 83 600 € (services, BNC) ou 203 100 € (vente) de chiffre d'affaires.
  • En micro, aucune charge réelle n'est déductible : au-delà de 34 % (BNC) ou 50 % (services BIC) de frais, la société devient souvent plus intéressante.
  • L'EURL relève du régime des indépendants (TNS), la SASU du régime assimilé salarié : le coût social et la protection diffèrent.
  • En société à l'IS, le bénéfice est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 €, puis à 25 %.
  • La cessation de la micro-entreprise se déclare sur le guichet unique dans les 30 jours suivant l'arrêt d'activité.

Quand passer de micro-entreprise à société ?

Il n'existe pas de seuil unique : passer de micro-entreprise à société se décide au vu de quatre signaux. Le premier est le niveau de chiffre d'affaires : après deux années consécutives au-dessus des plafonds, vous quittez de toute façon le régime micro (notre offre expert-comptable auto-entrepreneur vous aide à suivre ces plafonds).

Passer de micro-entreprise à société : stylo sur un document
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Des charges réelles élevées

Loyer, sous-traitance, matériel, véhicule : en micro, seul l'abattement forfaitaire (34 %, 50 % ou 71 %) est pris en compte.

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La protection et la crédibilité

Une société, EURL ou SASU, sépare clairement les patrimoines et rassure certains grands comptes, banques et investisseurs.

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La croissance

Embaucher, s'associer, lever des fonds ou mettre du résultat en réserve est plus simple en société.

Depuis 2022, l'entrepreneur individuel bénéficie déjà d'une séparation de ses patrimoines personnel et professionnel. La protection n'est donc plus le seul argument : c'est surtout l'optimisation fiscale et sociale qui justifie le passage en société.


EURL ou SASU : quelle société choisir après la micro ?

Le choix entre EURL ou SASU, au moment de passer de micro-entreprise à société, dépend surtout du statut social du dirigeant et de votre politique de rémunération. Les deux sont des sociétés à associé unique, avec une responsabilité limitée aux apports.

CritèreEURL (gérant associé unique)SASU (président)
Régime socialTravailleur non salarié (SSI)Assimilé salarié (régime général)
Coût des cotisationsPlus faiblePlus élevé, mais meilleure protection
Assurance chômageNonNon (sauf contrat de travail distinct justifié)
Imposition par défautIR, option IS possibleIS, option IR limitée dans le temps
DividendesCotisations TNS au-delà de 10 % du capital et des comptes courantsPFU de 31,4 % en 2026, sans cotisations sociales

En pratique, l'EURL à l'IS convient bien à un dirigeant qui se verse une rémunération régulière ; la SASU séduit ceux qui privilégient les dividendes ou ont besoin du régime général. Notre guide sur les erreurs de statut à la création détaille les pièges fréquents.


Les étapes pour passer de micro-entreprise à société

La transformation directe n'existe pas : passer de micro-entreprise à société, c'est créer une société puis fermer la micro. Concrètement, on immatricule une nouvelle personne morale, puis on déclare la cessation. L'enchaînement doit être calé pour éviter toute interruption de facturation.

Passer de micro-entreprise à société : accompagnement sur ordinateur
1

Chiffrer les scénarios

Comparer le maintien en micro et l'option EURL ou SASU sur votre CA, vos charges et votre besoin de revenu net.

2

Rédiger les statuts

Objet social, capital, régime fiscal, répartition des pouvoirs ; dépôt du capital sur un compte bloqué.

3

Immatriculer la société

Dossier sur le guichet unique de l'INPI, publication d'une annonce légale, obtention du Kbis.

4

Transférer l'activité

Apport ou cession du fonds ou de la clientèle, transfert des contrats, de la banque et des abonnements.

5

Cesser la micro-entreprise

Déclaration de cessation sur le guichet unique dans les 30 jours, dernière déclaration de CA à l'Urssaf.

6

Mettre en place la comptabilité

Plan comptable, logiciel, TVA, paie ou rémunération du dirigeant dès le premier mois.

Fiscalement : le chiffre d'affaires de la micro, du 1er janvier à la date de cessation, est déclaré l'année suivante sur la 2042-C PRO. La CFE reste due pour l'année entière si vous étiez en activité au 1er janvier, avec une réduction possible sur demande (fiche officielle sur la cessation).

Apport du fonds et TVA : les points techniques

Pour passer de micro-entreprise à société sans perdre la valeur créée, la clientèle, le nom commercial ou le matériel de la micro-entreprise peuvent être apportés à la société en échange de parts ou d'actions, ou lui être vendus. L'apport évite de sortir de la trésorerie, mais il exige une évaluation sérieuse, parfois par un commissaire aux apports.

  • Droits d'enregistrement : l'apport d'un fonds par un entrepreneur individuel à une société à l'IS est en principe taxé comme une vente, sauf engagement de conserver les titres reçus pendant 3 ans (Bpifrance Création).
  • Plus-value : selon le CA et l'ancienneté de l'activité, des régimes d'exonération ou de report peuvent s'appliquer ; ils sont à vérifier au cas par cas.
  • TVA : la transmission d'une universalité de biens (fonds complet) est dispensée de TVA. La société, elle, facture la TVA dès que son chiffre d'affaires dépasse les seuils de franchise.
⚠️

Attention : ne laissez pas les deux structures facturer en parallèle les mêmes clients sans raison. Cela brouille les seuils, les déclarations et peut être requalifié.


Exemple chiffré : passer de micro-entreprise à société à 90 000 € de CA

Prenons un consultant en BNC qui réalise 90 000 € de CA avec 18 000 € de charges réelles (loyer de bureau, logiciels, déplacements, sous-traitance). Il a dépassé le plafond de 83 600 € deux années de suite.

Passer de micro-entreprise à société : clés et pièces de monnaie

Exemple · micro-entreprise (ordre de grandeur)

Chiffre d'affaires90 000 €
Cotisations à 25,6 %- 23 040 €
Charges réelles (non déductibles)- 18 000 €
Disponible avant impôt sur le revenu48 960 €

Exemple · EURL à l'IS (hypothèses simplifiées)

Résultat avant rémunération72 000 €
Rémunération nette du gérant- 40 000 €
Cotisations TNS estimées- 16 000 €
IS à 15 % sur 16 000 €- 2 400 €
Total conservé (rémunération + réserve)53 600 €

L'écart, d'environ 4 600 €, finance largement les frais de tenue comptable, et le bénéfice mis en réserve (13 600 €) n'est imposé à l'IR qu'en cas de distribution. Ces chiffres restent indicatifs : avant de passer de micro-entreprise à société, une simulation personnalisée EURL ou SASU est indispensable.


En résumé

Passer de micro-entreprise à société : l'essentiel

Passer de micro-entreprise à société se justifie lorsque le CA dépasse durablement les plafonds, que vos charges réelles sont élevées ou que vous voulez structurer votre croissance. L'EURL ou la SASU se choisit selon le statut social souhaité et la politique de rémunération, et le passage suppose de créer la société, transférer l'activité et cesser la micro dans les règles.

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Questions fréquentes

Questions fréquentes pour passer de micro-entreprise à société

À partir de quel chiffre d'affaires passer en société ?+

Il n'y a pas de montant magique pour passer de micro-entreprise à société. Le passage devient souvent intéressant quand vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire, ou quand le CA dépasse les plafonds (83 600 € en services, 203 100 € en vente) deux années de suite.

Peut-on transformer directement sa micro-entreprise en SASU ?+

Non. Pour passer de micro-entreprise à société, il faut créer une nouvelle société, y transférer l'activité par apport ou cession, puis déclarer la cessation de la micro-entreprise sur le guichet unique dans les 30 jours.

EURL ou SASU : laquelle coûte le moins en cotisations ?+

À rémunération égale, l'EURL (gérant TNS) coûte moins cher en cotisations que la SASU (président assimilé salarié). La SASU offre en contrepartie une protection sociale proche de celle des salariés, hors assurance chômage.

Faut-il payer des droits pour apporter sa clientèle ?+

L'apport d'un fonds à une société à l'IS est en principe taxé comme une vente. Un engagement de conservation des titres pendant 3 ans permet en général d'éviter ces droits.

Mes clients doivent-ils être prévenus ?+

Oui. Les factures émises par la société portent un nouveau SIREN et souvent de la TVA. Informez vos clients, mettez à jour vos contrats et vos coordonnées bancaires avant la première facture.

Sources

À lire aussi : EURL ou SASU en 2026 · Créer une holding en 2026 · Seuils micro-entreprise 2026

Article rédigé par Fallet Kamagate, expert-comptable diplômé inscrit au Tableau de l'Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France, fondateur du cabinet EXPERION à Noisy-le-Grand. Informations à jour au 29 octobre 2026, données à titre général : chaque situation mérite une analyse personnalisée.


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Rédigé par

Fallet Kamagate

Fallet Kamagate est expert-comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France, et fondateur du cabinet EXPERION à Noisy-le-Grand (93). Il accompagne les dirigeants de TPE et PME, les indépendants, les professions libérales et les créateurs d'entreprise en Île-de-France sur la comptabilité, la fiscalité, la rémunération du dirigeant, la création de société et le pilotage financier.

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